Miettes Colombiennes pt.2
mini récit en mots et en photos de la seconde partie de mon voyage
On se réveille à l’aube, bercés par les premiers rayons du soleil qui viennent tranquillement envelopper notre décor paradisiaque pour les sept prochains jours. Roberto est déjà au boulot, c’est donc le moment pour nous de nous jeter à l’eau, dans la mer calme du matin. Il fait chaud tout le temps ici, et notre chambre est très humble, comme dirait O. Alors enfiler notre maillot de bain et plonger dans l’eau dès le réveil, c’est une de mes parties préférées de la journée.
Après notre nage, on s’installe sur deux chaises en plastique, plantées dans le sable, pour lire en regardant l’horizon devenir de plus en plus jaune, de plus en plus chaud, ponctué par le vol des grands pélicans. Et moi, je continue ma collection de coquillages, que je partage avec un ou une inconnu·e. Chaque matin, de nouveaux coquillages viennent s’ajouter à ma collection.
Nous voilà au bord de la mer, parmi les locaux. Ici, c’est un paradis encore vierge. Passer du temps dans ce village, c’est un retour aux sources de la vie, à ce qui, pour moi, incarne une des manières les plus naturelles et paisibles de vivre. Se nourrir des fruits les plus délicieux, de jus frais, de poissons magnifiquement bons. Tellement plus en communion avec notre Terre-Mère et nos envies. C’est un environnement des plus apaisants, ensoleillé en tout temps.
Il fait chaud sa race, et on se promène pieds nus à travers le village. Le menu des quelques restaurants de l’île varie au gré de la prise du jour des pêcheurs. Le temps existe plus ou moins, on se fie au soleil dans le ciel pour construire nos journées. J’aurais envie de garder cet endroit précieux rien que pour nous, de ne pas dire qu’il existe afin de le préserver de la gentrification.
Un soir, nous avons pris un bateau au soleil couchant pour nous aventurer plus loin en mer. Nous avons fait escale sur une île mystérieuse, perdue au milieu de l’océan, où se déroulait un spectacle merveilleux de la nature. Des centaines et des centaines d’oiseaux virevoltaient au-dessus de leur territoire. En tout, seize espèces différentes cohabitent sur cette île. Après quelques minutes de contemplation, nous avons repris la mer et avons jeté l’ancre au beau milieu de l’océan pour nager avec les phytoplancton bioluminescent. Plus la nuit tombait, plus le spectacle devenait magique. On aurait dit des aurores boréales marines. Des milliers de petits points turquoise s’illuminaient autour de nous à chaque mouvement. Je sortais doucement mes bras de l’eau, et des dizaines de planctons bioluminescents restaient accrochés à moi. J’avais l’impression d’être une constellation.
Puis nous avons regagné notre petite embarcation pour rentrer au bercail. C’est au milieu des mangroves, bercés par l’odeur de gazoline et de vape au punch aux fruits (car oui, un touriste avait amené sa vape, le pauvre), sous un ciel étincelant, débarrassé de toute pollution lumineuse, bras dessus, bras dessous avec mon amoureux, que j’aurais voulu arrêter le temps. Aspirer chaque seconde de cette soirée en moi pour m’en rappeler le plus longtemps possible.
Rincón del Mar tu m’as touchée par ta proximité avec la mer, ton rythme de vie simple et lent, tes plages presque désertes, tes délicieux repas au Dos Aguas, à la Negrita et à Dubaï. Rincón, j’aurais aimé parler encore plus ta langue pour mieux te comprendre, pour saisir cet amalgame unique entre l’Amérique du Sud et les Caraïbes. J’aimerais écrire l’histoire du vieux monsieur qui passe ses journées à réparer ses filets de pêche, bien installé dans son hamac. Comprendre son regard sévère mais sa grande patience. J’aimerais raconter ou inventer l’histoire du vendeur à la casquette verte fluo, arpentant la plage toute la journée pour vendre ses « Helados !!! Paletas de guanábana, de fresa, de vainilla !!! » à moins d’un dollar. J’aimerais raconter ces jeunes mères, assises sur le sable, laissant leur poupon explorer en toute confiance.
Je ne comprends pas tout de ton histoire, Rincón, et cela m’intrigue. Mais j’ai tombé sous ton charme et j’ai grandement apprécié ton essence encore pure et authentique.
Merci !