Tarjeta postal 1
Journal de voyage - Édition Amérique centrale, hiver 2026
Je vous écris d’un endroit où le temps n’existe pas et où les miroirs se font rares.
D’un petit village de pêcheurs en plein cœur du Nicaragua, où l’on croise des gens de partout dans le monde, et où l’on s’attache à certain.es un peu plus que les autres.
Ici, ma routine est ma préférée. Vivre au rythme du soleil me fait sentir plus connectée à l’être humain que je suis. Mon rythme circadien se synchronise et amène une forme de tranquillité et de paix mentale que peu connaissent, je crois.
Je rédige un peu, mais le reste de mes journées est consacré à cultiver des parties de moi qui m’arrive d’échapper au rythme effréné de la vie occidentale.
Je me considère assez bonne pour cultiver mon bien-être et ma paix mentale à Montréal, mais je suis aussi quelqu’un qui en met toujours beaucoup sur son assiette, qui se met beaucoup de pression pour accomplir plusieurs choses en une journée afin d’être satisfaite et de me sentir productive.
Tandis qu’ici, c’est différent.
J’adoucis mon discours interne.
En vivant au rythme du soleil, mes journées commencent à 6 h 15. Je prends le temps soit de faire du yoga et des étirements au réveil, soit d’aller prendre une longue marche sur la plage, suivie d’une baignade dans l’océan.
Je prends mon café noir en lisant mon livre ou en dessinant, puis je rejoins mes nouveaux amis pour le déjeuner aux tables communes.
Certaines journées sont plus actives que d’autres, et certaines sont aussi plus solitaires. Vivre dans un hostel, dans un dortoir, avec mon amoureux pour trois semaines implique aussi de connaître mes limites de socialisation.
Mais cela m’invite aussi à m’ouvrir aux autres, même quand j’en ressens peut-être moins l’envie, car les discussions viennent naturellement.
D’autres fois, je cherche à trouver ma bulle, mon espace. Alors je me réfugie au bar le matin, quand il n’y a que deux ou trois personnes qui admirent la vue. Je m’y pose pour faire des aquarelles.



Revenir à une vie plus naturelle, emplie de communauté, de temps libre, de soleil et de fruits frais, fait un bien fou. Surtout, je dirais, avec la frénésie de tout ce qui se passe dans le monde. Je n’ai aucunement consulté les nouvelles depuis mon départ du Québec et, malgré le fait que ce choix pourrait être critiqué, je suis très confortable avec celui-ci.
La vraie vie me parle davantage ici. Voir la réalité des locaux, si loin de la mienne, fait relativiser bien des choses. Je me sens plus vivante, plus connectée, et c’est pourquoi j’aime m’évader.
Il nous reste encore dix jours ici avant de partir sur une île avec de nouveaux amis que nous nous sommes faits à l’auberge.
Je vous redonne des nouvelles très bientôt, en espérant que cette infolettre aura su réchauffer un peu votre mois de février !
Caroline xx







Ça ressemble à des vacances idéales !