Tarjeta Postal 2
Journal de voyage - Édition Amérique centrale, hiver 2026
29 Janvier 2026
Plusieurs sentiments cohabitent en moi d’être de retour à El Transitó : cette terre qui m’a accueillie en 2019, mon cœur récemment brisé, mes envies de liberté et la Caroline de 20 ans. Ce petit coin de paradis où je m’étais rendue seule, par besoin de dépassement et pour nourrir ma curiosité, afin d’apprendre à mieux me connaître. Un voyage qui m’a marquée de multiples façons et dont je ne garde que de doux souvenirs.
Dans les jours précédant mon départ de Montréal, des images oubliées de cette aventure me sont revenues. J’ai ressenti beaucoup d’amour et d’admiration pour la jeune femme que j’étais il y a six ans. À cette époque, j’étais déjà déterminée à trouver mon bonheur, même si cela signifiait demander à papa d’arrêter la voiture en route vers l’aéroport pour vomir de nervosité, pendant qu’il me demandait si je voulais toujours partir, sachant très bien que j’étais trop têtue pour reculer. Je m’étais lancée dans cette aventure le cœur battant, pour mille raisons.
Au fil des semaines, cet endroit est devenu sacré pour moi. Je n’y avais pas remis les pieds depuis. Ce matin, en revenant sur la plage pour regarder le soleil se lever et les pêcheurs rentrer avec leurs prises, je me suis demandé pourquoi j’avais attendu si longtemps. J’aime croire qu’à 20 ans, je m’étais fait la promesse que la prochaine fois que je reviendrais ici, je serais une femme alignée et heureuse, comme si la Caroline de l’époque pouvait me voir arriver à l’auberge et pousser un soupir rassuré en me découvrant épanouie et comblée, au bras d’Oliver, mon plus doux, mon plus tout, celui qui fait briller chaque partie de moi.


Je voulais revenir pour faire sourire la Caroline du passé et lui murmurer que tout ira bien, mais qu’elle ne doit jamais perdre son amour de la liberté, de l’océan, des cheveux dans le vent, parce que cela la sauvera plus d’une fois.
22 février 2026
J’avais écrit ces lignes à mon premier réveil au Nicaragua. J’écris maintenant en direct de CDMX, avec un pas de recul sur les trois semaines qu’Oliver et moi venons de vivre.
À plusieurs reprises durant notre séjour à El Transitó, j’ai dû m’arrêter, fermer les yeux et prendre conscience de la beauté de ce que je vivais. J’avais envie de me pincer pour vérifier que c’était réel : être de retour dans ce lieu si précieux pour moi, accompagnée d’un être encore plus précieux. Partager cette bulle, ces instants et ces rencontres avec Oliver fait partie des sentiments les plus purs que j’aie ressentis. Me sentir exactement à ma place, avec la bonne personne. J’ai souvent pensé à la Caroline de 20 ans, si seulement elle savait tout le bonheur, la paix et l’amour qui l’attendaient.
Cette fois-ci, El Transitó m’a marquée autrement. Je me suis attachée à des gens qui m’étaient inconnus il y a à peine deux mois.
J’ai partagé des fous rires avec de nouvelles amies, écouté des récits de vie, tissé des liens avec les locaux. Je suis devenue bonne aux échecs. J’ai appris sur moi-même. J’ai aidé Oliver à peindre une murale pour un café du village, aux côtés de propriétaires d’une grande gentillesse. J’ai nourri ma pratique du yoga chaque jour, seule ou entourée de nouveaux visages. J’ai eu un pincement au coeur en partant, sachant que j’allais surement remettre les pieds la-bas mais sans savoir si je reverrais mes nouveaux ami.es venus d’un peu partout dans le monde.



J’ai aussi été rassurée de constater que le village n’a pas subi la gentrification que je redoutais. Il s’est développé depuis 2019, oui, mais son charme demeure intact. On peut encore aller pieds nus à la tienda. Sa pureté est toujours là, et j’espère qu’elle le restera longtemps.
À bientôt,
Caroline xx





